Banque de France : Des orientations positives pour 2015 / 2016

Banque de France Val d’Oise :
Des orientations positives pour 2015 / 2016

Vendredi dernier, chez Olivarius, Philippe PREVOST, directeur de la Banque de France dans le Val d’Oise, a dressé un bilan de la conjoncture mondiale, suivi d’un état des lieux de la situation territoriale. Globalement, 2015 et 2016 sont « deux années qui s’annoncent plutôt convenablement avec une reprise du commerce mondial porté par les pays avancés (+1,1%), et notamment les Etats Unis », a t-t-il commenté. Pour la zone euro, les chiffres s’améliorent, grâce à des taux d’intérêt très bas, la baisse de l’euro et la chute des cours du pétrole. Selon les pays, les situations restent cependant contrastées. La France ne fait plus partie du cercle restreint des 5 AAA que sont l’Allemagne, l’Autriche, les Pays, Bas, le Luxembourg et la Finlande. Des réformes structurelles s’imposent pour que la reprise soit réelle. On retiendra tout de même de cette présentation des frémissements positifs et un soupçon d’optimisme…

La bonne nouvelle, c’est que 2015 et 2016 laissent entrevoir des évolutions favorables. La moins bonne, c’est que la France, comparativement à d’autres pays mieux orientés, ne profitera pas à plein régime de cette reprise. Pour mieux comprendre, ce qui se passez chez nous, Philippe PREVOST, au cours de sa présentation, nous a commenté les grandes tendances macroéconomiques pour les deux années à venir.

Tout d’abord, les pays avancés redémarrent tandis que la situation des pays émergents prend un tour plus chaotique, avec, notamment une baisse des exportations chinoises. Le Brésil, rongé par son déficit public et l’inflation, subit le contre coup de l’effondrement des matières premières, avec un taux de croissance zéro. En Russie, dans un contexte géopolitique compliqué, la récession s’installe, l’inflation élevée entraine une baisse du niveau de vie…

Du côté des pays « avancés », les Etats-Unis ont su se montrer réactifs dans la gestion de la crise. « Les US retrouvent leur sentier de croissance classique : 2,4% en 2014, 3,6 en 2015 et 3,3 en 2016, des chiffres que l’on ne connaît plus en zone euros », a indiqué le directeur. Cette croissance est tiré par l’investissement, lui-même favorisé par la baisse du coût de l’énergie et une tendance à la relocalisation d’activités externalisées. Le chômage est en baisse (5,6%) et le marché immobilier résidentiel se redresse. Néanmoins, les inégalités se creusent en terme de rémunération.
La zone euro renoue elle aussi avec la croissance (+1,3 en 2014 ; +1,7% en 2015 et 2,1 en 2016), la conjoncture économique s’améliore, mais les difficultés demeurent. « Pour 2015 et 2016, tout s’ajuste pour animer la reprise : les taux d’intérêt sont très bas, produit de la politique ultra accommandante de la BCE. La situation de l’euro, par rapport aux autres principales devises, est très enviable. Autre avantage : la chute des cours du pétrole. » Néanmoins, indique Philippe PREVOST, l’absence de politique budgétaire commune, malgré quelques mesures, crée certaines difficultés. Des réformes structurelles s’imposent pour renforcer le potentiel de croissance de la zone euro, aujourd’hui très faible.
C’est à peu près un constat similaire que dressent les économistes au niveau de l’hexagone : faibles perspectives à moyen et long terme, avec un déficit du commerce extérieur encore important (comparativement à l’Allemagne, qui enregistre un excédent commercial). « En France, la situation est spécifique, depuis quelques années, le pays ne produit pas assez de richesses, le chômage est élevé. Contrairement à d’autres pays comme l’Espagne, l’Italie ou le Portugal, qui ont procédé à des ajustements au niveau des salaires, en France, les salaires sont rigides, le coût du travail est plus élevé qu’ailleurs et du fait de la faible rentabilité des entreprises, l’investissement productif se situe à un niveau faible. Enfin, le système social, avec des dépenses de protection sociale élevées, n’est pas finançable. »
Alors, solutions ? la Banque de France laisse entrevoir quelques pistes : faire les nécessaires réformes structurelles pour libérer l’économie des contraintes qui l’entourent ; ouvrir à la concurrence les secteurs protégés (loi Macron), réformer le marché du travail, mieux cibler la formation professionnelle, baisser les coût de fonctionnement et relancer la compétitivité des entreprises. Bref, si les conditions sont réunies pour permettre un redémarrage plus net de l’activité en 2015, la France devra impérativement engager, en parallèle, une mutation de son modèle économique pour s’adapter aux enjeux de long terme. Une conclusion que l’on martèle depuis des décennies sans vraiment parvenir à passer de la parole aux actes. 

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