RH externalisée en temps partagé : une fonction support précieuse pour les TPE/PME

Salomé BAYEMI NLOMNGAN est Directrice des Ressources Humaines Externalisée, membre du réseau national Bras Droit des Dirigeants. Salariée jusqu’en 2017 au poste de DRH France pour un grand groupe international, elle décide de créer sa structure en 2018 et d’exercer son métier en temps partagé pour des TPE, PME – PMI. Elle intervient de manière opérationnelle dans les entreprises et les accompagne dans la mise en place de nombreux sujets RH en interne, comme les obligations légales, les entretiens professionnels et annuels d’évaluation, les élections du Comité Social Economique (CSE) et le dialogue social. A l’annonce du confinement et durant toute cette période complexe, Salomé BAYEMI NLOMNGAN est restée présente auprès de ses clients, sur toutes les questions RH liées au COVID : communication auprès des salariés, mise en place du télétravail, dispositif d’activité partielle, organisation de la reprise d’activité … Elle a étroitement accompagné la société MCI (31 salariés), dirigée par Dominique CHOISAT, spécialisée dans la fabrication de cartes électroniques assemblées, installée à Eragny. Un précieux soutien pour le dirigeant et son équipe.    

Comment avez-vous alerté vos clients sur la possibilité d’une mise en confinement ?

Salomé BAYEMI NLOMNGAN : Peu avant l’annonce officielle, je les ai tous contactés pour faire le point avec eux et sentir le climat général dans l’entreprise. Je les ai sensibilisés à ce qui allait se passer pour les aider à se préparer en termes de communication et d’organisation avec l’encadrement, les représentants du personnel, et les salariés. Il était important que chaque dirigeant se mette en posture de gestion de crise sans attendre, pour envisager ensemble les différentes possibilités d’organisation RH en interne.

Quelle a été la marche à suivre après l’annonce des différentes mesures ?

Salomé BAYEMI NLOMNGAN : Nous avons très rapidement réagi et déployé une stratégie en interne. L’entreprise s’est organisée et a coordonné son action en amont pour gérer au mieux cette situation. Le jour de l’annonce officielle, avec le Dirigeant de la société MCI, nous avons réuni les responsables de service, puis les membres du CSE (représentants du personnel) pour échanger et coordonner l’organisation. Les salariés ont été aussitôt informés des mesures prises. Durant toute cette période, je suis restée en lien direct avec le dirigeant pour l’informer sur les différentes dispositions sociales qui évoluaient chaque jour, et sur celles qui pouvaient plus particulièrement concerner l’entreprise. Il fallait traiter des informations parfois contradictoires, tout cela dans un lapse de temps très court. Sans aide, le chef d’entreprise peut très facilement se retrouver noyé sous l’avalanche de ces dispositions, souvent complexes à appréhender, alors qu’il doit être sur tous les fronts à la fois et manque de temps. En parallèle, nous avons géré au cas par cas l’organisation des salariés. Certains ont été mis en activité partielle, au chômage total, en arrêt ou en télétravail. Nous avons étudié tous les cas de figures pour apporter des solutions adaptées à chaque situation. Il était important de répondre aux inquiétudes individuellement.

Comment la reprise s’est-elle orchestrée ?

Dominique CHOISAT : Pour ma part, je ne me suis pas arrêté. La première semaine, l’entreprise était quasi-déserte. Nous n’étions que deux avec mon responsable d’atelier pour assurer les urgences. C’est une sensation assez étrange, le sentiment d’être dans un état second. Après quelques semaines, nous avons commencé à envisager une reprise progressive afin de faire revenir certains salariés dans le respect des directives gouvernementales, sur la base du volontariat. Un salarié, puis deux, puis trois… Nous avons réfléchi à la mise en place de mesures de prévention dans l’entreprise, et nous sommes réorganisés en suivant à la lettre le protocole de déconfinement. Une série de mesures a été déployée : mise en place d’un thermomètre frontal, éloignement entre les postes, panneaux plexi, port du masque, visières, gel, prise des repas à tout de rôle… Au départ, certains salariés étaient assez réticents et avaient peur de reprendre le travail, mais l’ensemble des adaptations proposées les a beaucoup rassurés. Nous avons posé des règles strictes afin que ces mesures soient respectées et que les gens se sentent en sécurité. Ce cadre a bien fonctionné. Je suis très proche de mes collaborateurs et ils savent qu’ils peuvent me faire confiance. Pour garder un lien plus personnel, tous les salariés ont été contactés en direct par téléphone durant le confinement, ce qui a permis d’échanger, de faire remonter les besoins, les problèmes et les attentes particulières de chacun.

Avez-vous eu des moments de doute dans la gestion de cette crise ?

Salomé BAYEMI NLOMNGAN : J’ai eu l’habitude de gérer des crises dans le cadre de mes précédentes fonctions de DRH pour un groupe d’horlogerie international qui comptait 80 points de vente en France. Notamment lors des attentats de 2016, il a fallu très rapidement prendre des décisions et mettre en place une organisation pour sécuriser les salariés qui travaillaient au sein des points de vente situés dans différents lieux touristiques de la capitale. Cette expérience m’a permis d’appréhender au mieux la crise sanitaire actuelle. La communication est un élément fondamental, tout comme l’implication des équipes d’encadrement, des représentants du personnel et des acteurs clés. Dans ce type de situation, il faut être capable de s’adapter, être réactif pour une prise de décision rapide, savoir changer de stratégie si les choses évoluent, tout en tenant compte de l’aspect humain. Dans le cas de MCI, la gestion de crise a été un véritable travail d’équipe.

Dominique CHOISAT : Au moment du confinement, mon seul objectif était de protéger les salariés, je n’avais aucune hésitation à ce sujet.Les doutes vont maintenant se cristalliser sur l’avenir. Nous travaillons avec des bureaux d’études pour la réalisation de prototypes et de pré-séries. Nos délais sont très courts et notre visibilité n’excède pas un mois à un mois et demi. Certains jours, nous n’avons aucune demande de devis, puis le lendemain, nous sommes sollicités par plusieurs clients. C’est assez déconcertant. Mon humeur fluctue quotidiennement, suit la courbe de la reprise et le dynamisme de l’activité. L’objectif est clair : assurer la pérennité de l’entreprise.

Quelle valeur ajoutée apporte un accompagnement RH ?

Salomé BAYEMI NLOMNGAN : Les entreprises ont tout intérêt à se faire accompagner et à ne pas rester seule pour gérer ce type de situation. Mon intervention RH très opérationnelle permet aux dirigeants de se concentrer sur leur cœur d’activité. Même s’ils sont habitués à gérer des situations complexes, la crise sanitaire était sans précédent. Mon rôle est de travailler de concert avec les dirigeants pour piloter et sécuriser la gestion RH de l’entreprise. Etant également dirigeante de ma structure, je comprends d’autant mieux les problématiques de mes clients.

Pour en savoir plus sur MCI : https://www.mci-electronics.com/wp-content/uploads/2015/12/Plaquette-MCI-Electronics.pdf

 

Pour aller plus loin :

COVID 19, les bons réflexes de gestion de crise : se faire accompagner par des acteurs experts

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