Embaucher par l’intermédiaire d’un GEIQ : une alternative gagnante    

Karine HEUDRE est directrice du GEIG IDF, groupement francilien d’employeurs, spécialisé dans le domaine du bâtiment, des travaux publics et de l’énergie. Comme les 170 GEIQ déjà existants dans l’hexagone, ce collectif joue le rôle d’un service RH externalisé  au profit des entreprises adhérentes. Les GEIQ existent dans des domaines d’activités diverses, souvent en tension, afin d’aider les entreprises à trouver des collaborateurs, tout en favorisant un public prioritairement éloigné de l’emploi. Encore mal connus, ces groupements font preuve d’une redoutable efficacité : ils répondent aux besoins de secteurs où les recrutements s’avèrent souvent délicats et offrent des opportunités de formation et d’embauche à des candidats peu ou pas qualifiés.
Elle nous en explique le fonctionnement.

 

Un GEIQ, qu’est-ce que c’est ?
Le groupement est une association d’entreprises adhérentes, qui en assurent la direction, fixent les orientations, tout en bénéficiant de ses services et prestations. Les entreprises qui prennent part à ce projet associatif parient sur le potentiel de candidats pour résoudre leurs problématiques de recrutement. A l’origine, le GEIQ a été créé par Vinci, rapidement rejoint par d’autres grands groupes du BTP, avant de s’ouvrir à des PME – PMI. Nous gérons actuellement quelque 200 salariés.

Concrètement, de quelle manière le GEIQ intervient-il en support de l’entreprise ?
Pour remplir ses missions, le GEIQ s’appuie sur une équipe de permanents. Lorsqu’une entreprise adhérente exprime un besoin, le collectif engage des démarches, en mobilisant les acteurs de l’emploi du territoire (Pôle Emploi, missions locales, tissu associatif…) et effectue une pré-sélection. Les candidats identifiés et retenus suivent ensuite un parcours de formation sur-mesure (dans le cadre d’un contrat de professionnalisation ou d’apprentissage de 6 à 24 mois). Celui-ci est signé avec le GEIQ, qui porte le risque et prend en charge tout l’aspect administratif. Le programme de formation proposé répond précisément aux besoins de l’employeur et permet au salarié d’acquérir des savoir-faire inhérents à son poste. Ces parcours modulaires adaptés, élaborés avec des centres de formation partenaires, permettent la plupart du temps d’obtenir une qualification reconnue par la convention collective. A l’issue de cette période d’accompagnement et de mise à disposition, les entreprises ont la possibilité d’embaucher directement le salarié si elles le souhaitent et ainsi de reprendre la main.

Et côté salarié ?
Nous assurons un accompagnement à la fois professionnel et social. Des difficultés peuvent venir se greffer, au niveau familial, financier, médical… Certains ont des problématiques de logement, de transport, d’autres sont sous main de justice, autant de freins à lever… Nous avons aussi des jeunes réfugiés, avec lesquels il faut briser la barrière de la langue. Pour autant, et bien que 70% des publics concernés soient sans diplôme, tous ont la volonté commune de s’investir pour obtenir un vrai métier. Nos chargés de mission les suivent, à la fois en entreprise – où ils sont chapotés par un tuteur – pour s’assurer de leur intégration, de leur progression – mais aussi dans leur quotidien, afin de les aider à surmonter d’éventuelles difficultés personnelles. Si besoin, nous mettons en place une préparation opérationnelle à l’emploi, dispositif préalable au contrat d’alternance. Chaque formation est étudiée en privilégiant des programmes basés sur l’apprentissage par le geste, plutôt que la théorie. Nos équipes sont toujours présentes aux côtés des salariés pour les remobiliser quand elles sentent une baisse de motivation. Cet accompagnement personnalisé tout au long du parcours permet sa réussite.

Et au terme du contrat ?
En 2019, 79% des salariés ont été embauchés par l’entreprise à l’issue de leur contrat. Pour une grande majorité, la sortie est positive et l’aventure se poursuit. Pour ceux qui n’auraient pas pu se voir proposer un CDD ou un CDI par leur employeur, nous avons créé un GEC, structure qui accueille les salariés ayant été formés par le GEIC, mais toujours à la recherche d’une mission. Ils sont remis à la disposition d’autres entreprises adhérentes, sans besoin de nouvelle formation.

Le GEIQ est-il actif dans le Val d’Oise ?
Le groupe Bouygues, adhérent au GEIQ IdF, nous a déjà mobilisés sur plusieurs chantiers, notamment celui du Tribunal de Grande Instance de Paris, et plus récemment, celui des Trois Fontaines, qui imposait un certain nombre de clauses sociales. Les besoins identifiés étaient ciblés sur le gros œuvre, avec, notamment, des postes de coffreurs bancheurs. Huit personnes ont été retenues à l’issue des sélections, avec la perspective d’un titre professionnel en fin de contrat. Nous travaillons également avec la société VOTP, par l’intermédiaire du syndicat des Travaux Publics du Val d’Oise (lire témoignage ci-contre).

Contacts : Karine Heudre – GEIQ Ile de France au 01 79 63 81 40 – kheudre@geiqidf.fr

 

Dans le département, d’autres groupements sont actuellement à l’étude, avec la création d’un GEIQ Industrie en réflexion. L’objectif est de répondre à la pénurie de main d’œuvre qualifiée que connait le secteur. Le projet est mené par la Plateforme d’Appui RH qui a déjà initié des solutions de formation sur-mesure à destination des industriels, pour répondre à leurs besoins spécifiques. La plateforme d’appui RH souhaite aujourd’hui aller plus loin en formalisant un GEIQ, de manière à pérenniser ce type d’actions. Le projet mobilise plusieurs industriels, intéressés par la démarche. L’étude devrait se terminer en février 2021 pour un démarrage effectif au printemps 2021. 

Tatiana CORREIA : Chargée de projets – Appui aux PME Industrielles – Plateforme d’Appui RH au  01 34 41 70 87 – t.correia@associationavec.fr

 

A lire également le témoignage de VOTP 

 

Témoignage : la société saint-ouennaise VOTP fait appel au GEIQ IdF

 

MEMO : pour aller plus loin  

Le GEIQ : Une démarche collaborative pour recruter et former 

Définition du GEIQ
“Le GEIQ est un Groupement d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification, une association pilotée et gérée par ses entreprises adhérentes …Le GEIQ organise des parcours d’inclusion économique adaptés aux besoins des salariés et des entreprises adhérentes en favorisant l’insertion et la qualification de publics éloignés de l’emploi” (Source : fédération française des GEIQ). L’appellation « GEIQ », régie par un décret du ministère du travail, est renouvelée tous les ans.

Les modalités de la démarche collaborative

  • L’entreprise accueille le salarié mis à sa disposition par le GEIQ dans le cadre d’un contrat en alternance. Elle permet au salarié d’assister aux formations prévues dans le parcours d’insertion bâti par le GEIQ. Elle peut recruter le salarié en fin de parcours.
  • Le salarié est rémunéré par le GEIQ qui facture sa présence à l’entreprise. Il est suivi par le GEIQ du début à la fin et bénéficie d’un accompagnement social si nécessaire.
  • L’OPCO associé en amont finance en grande partie les formations du parcours du salarié.

 

Quelles entreprises ? Toutes entreprises rencontrant des difficultés de recrutement et qui adhèrent au GEIQ.

Quels publics ? Tout public souhaitant acquérir une qualification et un emploi.

Quels contrats ? Des contrats en alternance, principalement le contrat de professionnalisation, d’une durée de 6 à 24 mois.

Quels secteurs d’activité ? Tous les secteurs d’activité à forte demande de main d’œuvre

Sur quels territoires ? Partout en France

www.Lesgeiq.fr

www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000031047402&categorieLien=id

(Arrêté du 17 août 2015 relatif aux modalités de reconnaissance des groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification) »

 

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Shein, plateformes d’achats, avenir ou débâcle du commerce ? Le MEDEF s’interroge à l’occasion d’un déjeuner débat

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Ce sujet au cœur de l’actualité économique interroge l’avenir de nos entreprises locales face à l’essor des géants étrangers du e-commerce. Comment concilier compétitivité, innovation et préservation de notre tissu économique ? Trois invités d’exception apporteront leur éclairage le 9 avril de 11h45 à 14h au restaurant Cocotte – 4 Pierre Mendes France à Montmorency :  Romain ESKENAZI, député du Val d’Oise et président de la mission d’information sur les produits importés en France ; Marc LOLIVIER, Directeur Général de la FEVAD (Fédération du e-commerce et de la Vente à Distance) ; Hervé DENIAU, Directeur du Centre commercial Les 3 Fontaines à Cergy. Le commerce en France évolue dans un environnement tendu, marqué par un triple effet ciseau : pouvoir d’achat contraint, explosion du e-commerce et intensification de la guerre des prix.Après le pic inflationniste 2022–2023, la consommation reste prudente : les ménages arbitrent davantage leurs dépenses, on note un repli sur les produits essentiels, un baisse des volumes dans de nombreux secteurs (habillement, équipement maison). Résultat : le commerce physique souffre d’une érosion de la fréquentation et du panier moyen. Il faut aussi noter la pression structurelle du e-commerce. Les plateformes en ligne continuent de gagner du terrain : poids croissant du e-commerce dans le commerce de détail, concurrence directe sur les prix, la disponibilité et la livraison, habitudes d’achat durablement transformées (comparaison instantanée, achat mobile). Les acteurs physiques subissent une désintermédiation partielle et une pression accrue sur leurs marges.La guerre des prix se généralise. Dans un contexte de tension sur le pouvoir d’achat : les enseignes multiplient promotions, remises et opérations choc. Les distributeurs compressent leurs marges pour rester compétitifs. La pression des centrales d’achat sur les fournisseurs est forte.Les modèles commerciaux sont sous tension. Les enseignes doivent absorber simultanément la hausse des coûts (énergie, loyers, salaires), les investissements dans le digital, la concurrence des pure players et marketplaces. Beaucoup de commerces indépendants et réseaux fragiles sont exposés, avec des risques accrus de fermetures.Face à ces mutations, plusieurs tendances se dégagent : développement de stratégies omnicanales (click & collect, drive…), montée en gamme ou spécialisation pour se différencier, recentrage sur l’expérience client et la proximité, ou encore accélération des circuits courts et du local (argument différenciant).   

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CCI VAL d’Oise : semaine de l’entrepreneuriat du 23 au 29 mars

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