Formation : un levier pour recruter dans les métiers en tension

Formation : un levier pour recruter dans les métiers en tension

Métiers du BTP, de l’industrie, de la restauration, de l’hôtellerie, chauffeurs… quel est le point commun entre tous ces secteurs d’activité ? Tous connaissent des problématiques de recrutement importantes ! Ces métiers en tension délaissés, mais souvent porteurs, offrent de réelles opportunités aux demandeurs d’emploi. Cependant, beaucoup n’ont pas les bagages adéquats. Des dispositifs de formation (comme la POEC avec Pole Emploi, ou des actions territorialisées mises en place en collaboration directe avec les entreprises) existent pour rapprocher les besoins en compétences avec les personnes en recherche d’emploi. Ces actions sur-mesure peuvent être déployées au sein de grandes structures tout comme des PME – PMI rencontrant des difficultés à l’embauche. Retour d’expériences et infos pratiques.

MEMO : Comment former pour recruter dans les métiers en tension ?

MEMO : Comment former pour recruter dans les métiers en tension ?

Une solution existe : La POEC « Préparation Opérationnelle à l’Emploi Collective »

Objectifs

Permettre à des entreprises, via leur opérateur de compétence (OPCO) ou leur branche professionnelle, de former et/ou de recruter des candidats à un métier ou un poste en tension.

Bénéficiaires

Les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi, indemnisés ou non.

Les entreprises souhaitant recruter dans un métier ou un poste en tension, une ou plusieurs personnes en CDI, CDD de plus de 12 mois, contrat de professionnalisation de 12 mois ou plus, contrat d’apprentissage.

Procédure/Durée

400 heures dont un tiers maximum en entreprise (800 heures en cas de mobilisation du dispositif d’aide au projet d’inclusion de compétences numériques).

Le demandeur d’emploi a le statut de stagiaire de la formation professionnelle.

Financement

L’Etat, l’opérateur de compétence (OPCO) et/ou Pôle Emploi rémunère les stagiaires.

L’OPCO finance tout ou partie des frais pédagogiques.

L’état et Pôle Emploi peuvent cofinancer le coût de la formation (appel d’offre en amont pour les OPCO et signature d’une convention)

Pour en savoir plus

L’OPCO de votre entreprise

https://travail-emploi.gouv.fr/formation-professionnelle/formation-des-demandeurs-d-emploi/article/la-preparation-operationnelle-a-l-emploi-collective-poec

Pôle Emploi de votre territoire www.pole-emploi.fr

 

Lire le témoignage de Burger King 

Burger King expérimente la « Préparation Opérationnelle à l’Emploi »

Burger King expérimente la « Préparation Opérationnelle à l’Emploi »

Burger King expérimente la « Préparation Opérationnelle à l’Emploi »

Beaucoup d’outils d’aide à l’embauche restent encore mal connus des entreprises : en atteste « la Préparation Opérationnelle à l’Emploi Collective », dite POEC. Le groupe Burger King a recours à ce dispositif depuis quelques années, dans le cadre de son grand retour sur le territoire français.

Un accord a été négocié au niveau national avec Pôle Emploi, pour déployer la POECet accompagner l’ouverture des différents restaurants de l’enseigne. Dans le Val d’Oise, le site d’Osny a pu profiter de cette intervention dès 2017.

Deux ans plus tard, le restaurant d’Eragny (dont l’ouverture est prévue en décembre 2019) en bénéficie à son tour. Hervé Peretti, qui gère plusieurs établissements Quick Burger King dans l’Oise et le Val d’Oise, a pu évaluer sur le terrain l’intérêt de ce dispositif qui mêle recrutement et formation avant la prise de poste. 

Pourquoi la franchise a-t-elle fait appel à Pôle emploi pour l’épauler ?

L’ouverture d’un restaurant Burger King nécessite de constituer une équipe de 40 à 100 collaborateurs, composée d’équipiers et d’encadrants. Identifier les profils et les potentiels est un enjeu important pour l’ouverture et la réussite du restaurant. Grâce à la convention nationale signée par Burger King avec Pôle emploi, les franchisés peuvent s’appuyer sur les dispositifs d’accompagnement au recrutement proposés par Pôle emploi. Ce partenariat permet de sécuriser les recrutements en offrant une phase d’intégration progressive dans l’entreprise aux demandeurs d’emploi.

Quel en est le principe ?

Le dispositif aide l’entreprise à sélectionner des candidats puis à les former, tout en bénéficiant de financements. Le restaurant d’Osny a été accompagné localement par le Pôle emploi de Cergy, qui a, dans un premier temps, fait paraitre des annonces afin de trouver des équipiers. Des salles ont été mises à notre disposition pour organiser les sessions de recrutement et procéder à la sélection des bons profils. Nous avons embauché 70 équipiers durant l’été 2017. Les futurs équipiers retenus ont ensuite bénéficié d’une formation de cinq semaines (trois semaines théoriques assurées par OPUS, organisme extérieur et indépendant, et deux semaines de formation pratique au sein d’un restaurant). L’ouverture, après les travaux de transformation, a eu lieu en janvier 2018.

La POEC est intéressante aussi bien pour l’employeur que le candidat. Pôle Emploi supporte une partie du coût de ces formations et, côté demandeurs d’emploi, poursuit, durant cette période, le versement des indemnités chômage, ou, selon les cas, octroie des indemnités de formation. Pour les postes d’équipiers, les profils retenus sont très variés : jeunes à la recherche de leur premier contrat de travail, étudiants disponibles plutôt en soirées et le week-end, salariés à la recherche d’un second emploi, mère de famille désireuse de travailler à temps partiel… Plus que des qualifications, nous nous intéressons aux aptitudes des personnes, à leur savoir-être et à leur potentiel.

Le dispositif, dans un secteur en tension tel que celui de la restauration, s’est-il avéré efficace ?

La formation complète est très bénéfique. Dès leur arrivée sur le poste, les équipiers sont tout de suite à l’aise et opérationnels. Au sein des restaurants, il y a des process stricts à suivre, au niveau de l’hygiène et de la sécurité, mais aussi des méthodes de production ou de service, qui concernent l’ensemble des salariés. Il est essentiel de les intégrer en amont afin d’offrir une prestation de qualité aux clients. Par ailleurs, s’impliquer sur une formation de plusieurs semaines traduit la volonté des candidats de s’engager et témoigne de leur motivation pour le poste. Nous avons constaté un turn-over plus faible avec ce dispositif. Cette méthode est maintenant mise en application pour recruter les collaborateurs du nouveau restaurant Burger King d’Eragny qui ouvrira ses portes fin décembre. Cette fois-ci, le recrutement est mené en partenariat avecle Pôle emploi de Saint-Ouen l’Aumône.

 

 

MEMO : Comment former pour recruter dans les métiers en tension ?

 

MEMO : en savoir plus sur le Dispositif de financement « actions territorialisées » de la région Ile de France

MEMO : en savoir plus sur le Dispositif de financement « actions territorialisées » de la région Ile de France

Ce dispositif permet d’adapter l’offre de formation aux besoins des territoires 

Objectifs

Encourager et cofinancer des initiatives locales et partenariales de formation, pour favoriser les rapprochements entre l’offre et la demande d’emploi et soutenir l’activité économique des territoires.

Bénéficiaires

Les associations, entreprises ou structures publiques œuvrant dans le domaine de l’insertion, de la formation ou de l’emploi. Elles seront à même de monter, coordonner et réaliser des actions de formation à destination des demandeurs d’emploi et/ou des jeunes en insertion. Elles justifieront de partenariats locaux renforcés.

Procédure

Le projet est présenté en réponse à un appel à projet (AAP), à un appel à manifestation d’intérêt thématique (AMI) ou sous forme de dossier de présentation d’une initiative locale.

La proposition est retenue en fonction de la qualité de la formation (avec une certification finale ou une professionnalisation renforcée pour un métier), de la plus value territoriale et de la nature du projet.

Un comité technique/de pilotage est mis en place pour le suivi de chaque action. Un bilan d’activité final est demandé aux porteurs de projet.

Financement

Les stagiaires sont rémunérés par la région (hors subvention).

La commission permanente vote la subvention sous réserve des crédits disponibles.

La subvention de 200 000 € maximum ne peut dépasser 70 % des dépenses de fonctionnement (ingénierie, formation, et accompagnement), sous réserve d’un cofinancement et de la signature d’une convention.

Le versement s’effectue au prorata de la réalisation de l’action.

Pour en savoir plus

www.iledefrance.fr

Délibération n° CR 187-16 du 22/9/2016 et n° CR 230-16 du 14/12/2016

 

Lire le témoignage de Stéphane Claudel, dirigeant du groupe AEG

Une douzaine de demandeurs d’emploi suivent une formation de monteur – ajusteur

 

 

 

Une douzaine de demandeurs d’emploi suivent une formation de monteur – ajusteur

Une douzaine de demandeurs d’emploi suivent une formation de monteur – ajusteur

Stéphane CLAUDEL fait partie du groupe d’industriels qui a participé à l’élaboration de cette « action territorialisée », qui s’inscrit dans le cadre du dispositif porté par la région Ile-de-France, piloté en lien avec de nombreux acteurs institutionnels (AVEC et sa plate-forme RH, la Direccte UD95, la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, Pôle Emploi…).

Cette action permet de former une douzaine de monteurs – ajusteurs dans les métiers de l’aéronautique, qui seront opérationnels au cours du premier semestre 2020 après 800 h de formation. Objectif :  répondre à la pénurie de main d’oeuvre dans ces métiers. Les entreprises mobilisées (une dizaine parmi lesquelles NIMROD Technologies, CERPI, Berger Metal, FTS, Symag, Brozavia…), implantées sur le territoire d’Argenteuil, de Cergy-Pontoise et d’Andilly, se sont engagées à embaucher leurs futures recrues à l’issue de cette formation qualifiante.

Le dirigeant nous a reçus dans son entreprise pour évoquer tout l’enjeu de ce dispositif qui prend le problème à bras le corps en partant d’un vrai besoin « terrain ».

C’est une première dans le département. Dirigeant de plusieurs sociétés industrielles (AEG à Argenteuil, spécialisée dans le cintrage et l’emboutissage par l’automobile ; SGD Meca à Saint-Ouen l’Aumône, entreprise d’usinage industriel ; et Berger Metal à Saint-Ouen l’Aumône, qui fabrique des pièces aéronautiques), Stéphane CLAUDEL s’implique depuis de nombreuses années pour rapprocher les industriels et les mobiliser (il a pris part dès l’origine au comité mécanique Ile de France). Soucieux de jouer la carte de l’anticipation en matière de formation, il y voit un passage obligé pour assurer la relève et préparer l’avenir des PMI. « Former des jeunes est incontournable. Les entreprises ont toutes un rôle à jouer. Il ne faut pas attendre les bras croisés que les choses se fassent toutes seules. Au contraire, chacun doit se mobiliser face à l’absence de formations adéquates sur le marché. Il est nécessaire d’anticiper les besoins et de faire remonter nos attentes pour mieux cibler les actions à mettre en place. Il en va de même en matière d’apprentissage. Au sein des sociétés que je dirige, nous formons chaque année en moyenne deux apprentis. Nous les repérons souvent lors d’un premier stage et, s’ils se montrent intéressés pour continuer dans cette voie, nous leur proposons de revenir pour se former chez nous. Cela permet d’avoir un roulement permanent et de les embaucher par la suite, un pari que l’on fait sur le long terme, qui s’avère payant. »

Un projet sur-mesure pour les industriels

Depuis plus d’un an, le groupe travaille à l’élaboration d’un projet « cousu main » dont la vocation est de répondre, de façon parfaitement ciblée, aux besoins des chefs d’entreprise dans ces métiers et filières en tension.« Il faut du temps entre le lancement de l’idée et sa concrétisation. Tous les acteurs, privés comme publics, en lien avec la région, se sont assis autour de la table, poursuit Stéphane CLAUDEL. Cette mobilisation d’ensemble va déboucher très concrètement sur une formation qualifiante adaptée à nos problématiques territoriales. Les demandeurs d’emploi ont été approchés. Les entreprises ont participé à la sélection pour choisir les candidats. Pour devenir ajusteur-monteur, il n’y a pas de niveau requis, de limite d’âge, simplement savoir lire et écrire, être un peu manuel et surtout, avoir une bonne dose de motivation, une certaine rigueur de travail et de la méticulosité, les principales qualités attendues sur ce type de poste. »

Le sourcing effectué a permis d’identifier une vingtaine de candidats potentiels. En septembre, une journée de présentation a été organisée afin d’expliquer le cursus aux participants, de répondre aux questions et de retenir in fine une douzaine de personnes pour intégrer la formation. Les cours sont dispensés au lycée Jean Jaurès d’Argenteuil, qui dispose d’un plateau technique. Des périodes de stage en entreprise permettront de ponctuer les apprentissages théoriques pour mettre en application les acquis. En avril, à l’issue de la formation, les stagiaires intégreront les entreprises qui se sont engagées à les embaucher.

« Il y a des attentes, qu’il s’agisse des entreprises, parfois contraintes de refuser certaines commandes car elles n’ont pas les ressources en interne pour les réaliser ou des personnes en recherche d’emploi, souvent sans qualification, qui peinent à trouver un job. Grâce à cette action, elles auront accès à une formation sur-mesure, qui leur offrira des perspectives d’avenir intéressantes, en termes de salaire et d’évolution de poste.

Pour plus de renseignements : Anna KUJAWA Responsable du service d’appui aux entreprises – Plateforme d’Appui RH / 12 avenue des Béguines – Immeuble Le Cervier B – 95800 Cergy / Tél. : 01 34 41 70 70 – 06 98 78 86 74

 

Encadré :

Un métier mal connu : le monteur – ajusteur doit être capable de lire et d’analyser des plans, de maitriser les machines d’usinage conventionnelles etnumériques, de savoir contrôler les pièces assemblées ou ajustées, de réaliser des soudures et des alésages. Il réceptionne d’abord toutes les pièces du système mécanique (rivets, écrous, vis, molettes…) à réaliser. Il les ajuste et les assemble les unes aux autres selon un ordre qu’il détermine lui-même ou en suivant les instructions d’un document technique pour qu’elles forment un ensemble qui répond aux exigences du client. Quand tout l’équipement est assemblé, il en contrôle le bon fonctionnement par une série de tests et d’essais. Il procède alors aux ultimes réglages et aux mises au point qui s’imposent.

MEMO : 

En savoir plus sur le Dispositif de financement « actions territorialisées » de la région Ile de France

MEMO : en savoir plus sur le Dispositif de financement « actions territorialisées » de la région Ile de France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mix Job, une nouvelle génération de job board née à Cergy

Mix Job, une nouvelle génération de job board née à Cergy

Mix Job est une plateforme de recherche d’emploi à la frontière entre le site de rencontres et de coaching. Son fondateur, Michael Mesere, lauréat du Réseau Entreprendre, a fait ses armes dans le domaine du marketing digital, avant de lancer son propre projet et d’installer ses quartiers à Cergy, immeuble Ordinal.

 

L’objectif de Mix job est d’aller plus loin qu’un job board classique en faisant matcher l’offre et la demande (beaucoup d’offres sont non pourvues et 8 millions de personnes cherchent chaque année à changer de poste). L’idée est de mettre en contact les entreprises et les candidats ayant le plus de points communs et un maximum d’axes de convergence. Au contraire, si la candidature ne correspond pas, elle est écartée. La plateforme s’appuie sur un algorithme prenant en compte de nombreux critères.« Lorsque le candidat crée son profil, explique Michael Mesere, on lui demande qui il est, quels sont ses savoir-faire, ses qualités, les langues qu’il parle, ses centres d’intérêt, où il habite afin de privilégier la proximité… »

Après analyse de toutes ces données, la plate-forme délivre un coefficient d’employabilité qui s’avère être un outil très efficace d’aide à la décision. L’entreprise peut aussi indiquer au préalable qu’elle souhaite prioritairement recruter une personne résidant à moins de 30 mn de l’entreprise par exemple, un critère qui aura plus de poids. La plateforme peut également suggérer des profils de candidats au recruteur. De son côté, la personne en recherche d’emploi est accompagnée dans ses démarches par un coach digital qui l’encourage au quotidien à booster sa réactivité. Elle reçoit régulièrement des messages pour l’aider à avancer dans ses recherches… Candidats et recruteurs peuvent même entrer en contact directement et échanger avant de se rencontrer.

https://www.mixjob.fr